Ici Meme

  • Tout est vrai

    Giacomo Nanni

    A Paris, une corneille est témoin d'un attentat terroriste. Se remémorant l'anecdote selon laquelle Rod Taylor, l'acteur principal des Oiseaux d'Hitchcock, aurait durant tout le tournage été harcelé par l'une des corneilles utilisées pour le film, Giacomo Nanni part du postulat selon lequel l'animal est capable didentifier et de se souvenir des visages humains. De là, il imagine l'une delles en témoin des préparatifs d'attentat de la filière jihadiste dite "des Buttes-Chaumont" , suspecte des attentats survenus en France en janvier 2015.
    Il reprend pour ce faire le procédé si original et poétique déployé dans Acte de Dieu de l'enchaînement et du croisement des regards et points de vue. La vision d'une corneille a la même valeur que celle d'une petite fille, le Parc des Buttes-Chaumont comme le piège à corneilles deviennent des protagonistes à part entière. Selon Giacomo Nanni, le but de cette histoire n'est "pas seulement de raconter la violence d'un attentat terroriste, mais aussi d'évoquer la brutalité des faits par rapport à linvention littéraire et artistique" .
    Comme d'habitude chez Nanni, cette évocation est d'une subtilité et d'une poésie rares.

  • Un roman graphique à la Jane Austen, une histoire de destin implacable, servie par un graphisme étonnant.

    Le temps passe dans le Comté de Nottinghamshire, les saisons se suivent et se pourchassent, comme celles de la vie. Avec la mort de la Comtesse, Clara hérite du domaine et sa soeur, à son grand dam, du patrimoine financier. Les soeurs se séparent. Clara abandonne ses beaux atours pour enfiler ceux du labeur, bien décidée à sauver le domaine qui tombe en décrépitude. Malgré ses sacrifices et ses efforts, elle est bientôt contrainte de vendre, de congédier les serviteurs, et d'abandonner sa grande passion, le clavecin...

  • Sur fond de football et de cinéma, une belle histoire de résistance dans le Brésil des années 1950.
    São Paulo, Brésil, 1950.

    Les préparatifs de la Coupe du monde de football battent leur plein, la première depuis la guerre. Vera et Luiz vivent des jours paisibles avec leur père Jorge, cheminot. Le jeune Luiz partage son temps entre l'école, le foot, le cinéma dont il raffole, et son ami Mario, un jeune boulanger émigré d'Italie au Brésil, comme bien d'autres depuis la fin de la guerre et la libération de l'Italie fasciste.
    Mais un terrible accident vient bouleverser leurs vies : Jorge, le père, est renversé et tué par le déraillement d'un train. L'enquête révèle qu'un défaut d'entretien des rails est à l'origine de l'accident. En signe de protestation, les cheminots décident de cesser le travail, mais la société qui les emploie envoie des briseurs de grève réprimer violemment ce mouvement de contestation. De leur côté, les enfants de Jorge subissent intimidation et menaces...

    Une histoire simple et belle de résistance et de lutte, du pauvre contre le riche, du faible contre le puissant. Andrea Campanella a réalisé là un scénario généreux et sensible, que la ligne claire d'Anthony Mazza sert à merveille. Un bel hommage aux films néoréalistes de l'époque...

  • "Vous croyez que tout ça c'est des sornettes, mais sachez que c'est ma vie ! C'est pas des blagues, du roman... L'histoire n'est pas faite de ça... elle est faite de douleur ! " En 1938, l'Italie fasciste promulgue de nouvelles lois raciales. Mais, contrairement aux mesures prises en Allemagne, aucune ne vise les homosexuels. Dans l'Italie d'alors, en effet, tous les hommes sont actifs, virils et certainement peu enclins à une telle faiblesse.
    C'est en tout cas ainsi que Mussolini règle officiellement la question. Mais la réalité fut tout autre...

  • Crache trois fois

    Davide Reviati

    « Les copains d'enfance tu ne les choisis pas ; ils te tombent dessus, s'emparent de toi comme une fièvre, et ils restent là même si tu leur bottes les fesses. oui, ils deviennent plus que des parents, plus que des frères, ils deviennent des amis. mais tu ne peux pas les choisir. ».

    Six ans après État de veille, l'un des auteurs les plus passionnants de la bande dessinée italienne revient avec un roman graphique intime, intense et poignant, à la puissance graphique peu commune, où il évoque l'adolescence et le racisme ordinaire.

  • L'heure des mirages

    Manuele Fior

    • Ici meme
    • 8 Février 2018

    « Moi aussi j'ai toujours rêvé d'exercer un métier spécial et voilà que je suis dessinateur...».
    Manuele Fior est un dessinateur virtuose et multiple.

    Avec l'heure des mirages, il nous livre un carnet de bord, intime et précieux, où il a rassemblé un florilège des plus belles images qu'il a créées. Au fil des pages, il parsème la balade graphique de commentaires, d'anecdotes, de précisions sur les techniques utilisées, de souvenirs. Ainsi, de sa plume aussi talentueuse que son pinceau, il nous livre avec délicatesse et légèreté un peu de l'envers de sa création.
    Un enchantement, raffiné et brillant.

  • « Une femme qui réussit réussit pour toutes les autres ».

    1955, côte adriatique.
    C'est l'heure du miracle économique pour l'Italie, et les plages qui bordent l'hôtel Ariston accueillent un tourisme tout neuf.
    De cet hôtel comme d'un théâtre, Ariston Hotel explore la scène et les coulisses. Au travers des vies, aventures, anecdotes des clients et du personnel, l'album égrène trois décennies et raconte, autour du personnage central de Renata, la propriétaire des lieux, une histoire de l'émancipation féminine.

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