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Deux peuples pour un Etat ? Relire l'histoire du sionisme
Shlomo Sand
- Le Seuil
- La Couleur Des Idées
- 5 Janvier 2024
- 9782021541663
La création d'un État binational où Israéliens et Palestiniens seraient citoyens du même État a jadis été l'aspiration de nombreux intellectuels juifs critiques, de gauche comme de droite. Les prises de position en faveur du binationalisme, d'Ahad Haam dès la fin du XIXe siècle à Léon Magnes en passant par Hannah Arendt et beaucoup d'autres, pour qui le désir de créer un État juif exclusif sur une terre peuplée en majorité par des Arabes entraînerait un conflit violent et insoluble, se sont révélées tout à fait exactes. Avec l'arrivée aux affaires de l'extrême droite en Israël et les massacres perpétrés par le Hamas, la question d'un État binational est une urgence pour toute la région. Lui tourner le dos n'y changera rien.
Le binationalisme ne relève pas seulement du voeu pieux, mais aussi de la réalité présente : 7,5 millions d'Israéliens-juifs dominent, par une politique d'expulsion, de déplacement, de répression et d'enfermement, un peuple palestinien-arabe de 7,5 millions de personnes, dont une grande partie est privée de droits civiques et des libertés politiques élémentaires. Il est évident qu'une telle situation ne pourra pas durer éternellement, même si le rapport des forces a, jusqu'à présent, permis la prolongation de cet apartheid.
Shlomo Sand est un historien israélien, professeur émérite à l'université de Tel-Aviv, et auteur de nombreux livres, dont certains ont suscité de vif débats (Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, 2008). Son dernier ouvrage au Seuil, Une race imaginaire. Courte histoire de la judéophobie, a été publié en 2020.
Traduit de l'hébreu par Michel Bilis -
La paix ou la guerre : réflexions sur le "monde russe"
Mikhaïl Chichkine
- Les Éditions Noir sur Blanc
- Essai
- 11 Mai 2023
- 9782882508515
Ce recueil d'essais est un livre sur la possibilité ou l'impossibilité de se comprendre. Depuis trente ans qu'il vit en Suisse, exilé de sa langue et de son pays, Mikhaïl Chichkine réfléchit à l'évolution de la Russie et à ses relations avec le reste du monde. Il s'appuie sur sa connaissance de l'histoire russe et soviétique, sur son expérience personnelle et sur les grandes figures culturelles et littéraires.
Pourquoi l'Occident et la Russie ne parviennent-ils pas à se comprendre depuis des siècles ? Pourquoi les voyageurs en Russie ont-ils l'impression d'être sur « une autre planète » ?
Que signifie « aimer la Russie » ? Pourquoi les révolutions et les tentatives de réformes démocratiques conduisent-elles toutes à une nouvelle dictature ? Est-il toujours possible de croire en la Russie, comme le demandait le poète Tiouttchev ? -
Terres de sang : L'Europe entre Hitler et Staline
Timothy Snyder
- Folio
- Folio Histoire
- 3 Janvier 2019
- 9782072765575
«Voici l'histoire d'un meurtre politique de masse.» C'est par ces mots que Timothy Snyder entame le récit de la catastrophe au cours de laquelle, entre 1933 et 1945, 14 millions de civils, principalement des femmes, des enfants et des vieillards, ont été tués par l'Allemagne nazie et l'Union soviétique stalinienne. Tous l'ont été dans un même territoire, que l'auteur appelle les «terres de sang» et qui s'étend de la Pologne centrale à la Russie occidentale en passant par l'Ukraine, la Biélorussie et les pays Baltes. Plus de la moitié d'entre eux sont morts de faim, du fait de deux des plus grands massacres de l'histoire:les famines préméditées par Staline, principalement en Ukraine, au début des années 1930, qui ont fait plus de 4 millions de morts, et l'affamement par Hitler de quelque 3 millions et demi de prisonniers de guerre soviétiques, au début des années 1940. Ils ont précédé l'Holocauste et, selon Timothy Snyder, aident à le comprendre. Timothy Snyder en offre pour la première fois une synthèse si puissante qu'un nouveau chapitre de l'histoire de l'Europe paraît s'ouvrir avec lui.
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Alger, capitale de la révolution ; de Fanon aux Black Panthers
Elaine Mokhtefi
- La Fabrique Éditions
- 17 Mai 2019
- 9782358721868
Cette biographie passionnante nous plonge au coeur de l'effervescence révolutionnaire mondiale des luttes anticoloniales. Dans ces mémoires, Elaine Mokhtefi fait de l'internationalisation des luttes son grand combat.
Militante dès son plus jeune âge au sein du Mouvement des jeunes pour la paix et la justice dans le monde, Elaine Mokhtefi quitte New-York pour l'Europe en 1951.
Elle restitue une fresque du Paris d'après-guerre, encore traumatisée par l'occupation. Elle s'immisce alors dans le milieu étudiant, de la Sorbonne aux Beaux-Arts, avant d'épouser la cause de l'indépendance algérienne.
À partir de 1959, elle décide de se dédier pleinement à cette tâche au sein l'Office algérien de New York - un petit groupe de travail qui s'évertue avec succès à faire une place au FLN au sein des Nations Unies Débarquée à Alger en octobre 1962, Elaine Mokhtefi la qualifie de « capitale du Tiers-Monde ». Elle est notamment en charge du premier Festival panafricain en 1969 ainsi que de l'accueil de nombre mouvements de libération : Angola, Mozambique, Afrique du Sud...
La section internationale du Black Panther y trouve également refuge avec l'arrivée clandestine d'Eldrige Cleaver. Elaine Mokhtefi nous raconte au plus près leur relation militante, son travail d'interprète, de compagnonne de route.
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Histoire de la Sicile : de l'Antiquité à Cosa Nostra
John julius Norwich
- Tallandier
- Texto
- 3 Juin 2021
- 9791021044760
La Sicile, plus grande île de la Méditerranée, est le relais entre l'Europe et l'Afrique, le lien entre l'Occident latin et l'Orient grec. Sa situation stratégique a tenté les empereurs romains, les princes français et les rois espagnols, la plaçant au centre de l'histoire du monde.
John Julius Norwich est le premier à nouer ensemble les fils de l'histoire sicilienne dans une seule étude globale. De ses débuts comme cité-État grecque à son émergence comme carrefour multiculturel pendant les croisades, et de la rébellion contre l'unification italienne à l'essor de la mafia, l'histoire de la Sicile est riche de moments et de personnages extraordinaires.
Un récit vivant et érudit qui nous dévoile le tumultueux destin de cette île fascinante.
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La grande saga du « Zola yiddish ».
Dans la communauté juive de Saint-Pétersbourg, on ne parle que du mariage de Zakhari Mirkin, fils d'un riche industriel, avec la fille d'un grand avocat. Mais Zakhari ne se plaît pas dans son milieu d'origine. Il se rapproche des juifs malheureux, en butte à l'administration tsariste, dont il aime la foi vibrante, les espérances et le goût de la vie.
Schalom Asch est l'un des plus grands écrivains yiddish du XXe siècle. Son préfacier, Stefan Zweig, est encore celui qui en parle le mieux : « Nombreux sont ses romans qui portent la marque du génie, mais aucune de ses oeuvres ne possède l'élan, l'ampleur et la puissance de sa «trilogie russe» (Pétersbourg, Varsovie, Moscou). Ce sont surtout des destins juifs que Schalom Asch y peint, car c'est dans le coeur juif qu'il entend le mieux battre le coeur du monde ; mais comme ses personnages appartiennent aux milieux les plus divers, grands financiers d'avantguerre, étudiants, révolutionnaires, pauvres et riches, héros ou médiocres, ce livre représente une espèce d'univers qui reflète les innombrables événements russes dans ses facettes multiples. » Le premier tome de cette formidable fresque (1929-1931), primitivement intitulée Avant le déluge, donne notamment à voir la Révolution russe du point de vue juif.
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Au début du XXe siècle, sous l'égide de l'Organisation sioniste mondiale, les fondements de l'État d'Israël tel que nous le connaissons sont posés. Coup de tonnerre : en 1905, Israel Zangwill quitte l'organisation dont il est un membre historique. Partisan de la création d'un État juif, il demeure sceptique quant à l'idée de le localiser en Palestine. À la fin de sa vie, Zangwill résume ses positions dans un ouvrage majeur, où il propose même une relecture de l'Ancien Testament.Il réconcilie le projet d'un État juif avec des idéaux pacifistes, humanistes, et révolutionnaires. Il se montre tout aussi soucieux de préserver son peuple de la montée des périls, que de respecter l'occupation historique du territoire convoité. Nécessairement, son propos prend aujourd'hui une lueur particulière.
Israel Zangwill (1864-1926) est un écrivain, essayiste et journaliste britannique. Il connaîtra un certain succès littéraire. Conscient des dangers qui menacent les juifs à la fin du XIXe siècle, il s'interroge sur la survie de son peuple et envisage la création d'un État juif. Critique envers les visées coloniales de l'Organisation sioniste mondiale, il la quitte en 1905. Il fonde alors l'Organisation juive territorialiste qui entend créer un État juif hors de la Palestine. -
Jérusalem ; biographie
Simon sebag Montefiore
- Le Livre de Poche
- Ldp Littérature & Documents
- 10 Avril 2013
- 9782253166849
À la fois céleste et terrestre, Jérusalem est la ville universelle, capitale de deux peuples, lieu saint de trois religions. De la naissance du judaïsme, du christianisme et de l'islam au conflit israélo-palestinien, voici l'histoire de trois mille ans de foi et de fanatisme, de conquête et d'occupation, de guerre et de coexistence entre diverses croyances. Simon Sebag Montefiore raconte les batailles, mais aussi les histoires d'amour et de haine de ceux qui ont fait Jérusalem : citoyens ordinaires comme grandes figures historiques, de Salomon et Cléopâtre à Soliman le Magnifique ; d'Abraham à Jésus et Mahomet ; du monde ancien aux temps modernes de Flaubert, Chateaubriand, Raspoutine et Lawrence d'Arabie. Ce livre ambitieux, documenté et captivant, retrace l'histoire d'une ville qui a façonné l'histoire du monde.
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L'ultime combat ; nos années au ghetto de Varsovie
Bernard Goldstein
- Éditions Zones
- 23 Octobre 2008
- 9782355220166
La résistance insensée du ghetto de Varsovie face aux nazis, vue de l'intérieur : Bernard Goldstein, ou de l'une des voix les plus puissantes de l'histoire du XXe siècle.
En avril 1943, le ghetto de Varsovie se soulève contre l'armée nazie. Ce livre-témoignage raconte les cinq années de résistance clandestine qui menèrent à cet ultime combat. Bernard Goldstein appartenait à la direction du Bund , l'organisation révolutionnaire des travailleurs juifs de Pologne. Trop connu pour pouvoir militer à visage découvert dans le ghetto, il fut exfiltré en zone aryenne afin de coordonner la jonction avec la résistance polonaise. Rescapé, il émigra aux États-Unis dans l'immédiat après-guerre, où il écrivit son récit des événements.
Goldstein raconte l'invasion de la Pologne en 1939, les débuts de l'occupation, les premières mesures antisémites, l'instauration du ghetto en octobre 1940, la vie quotidienne à l'intérieur de celui-ci, les persécutions, les rafles, les grandes déportations, la découverte par les agents du Bund de la vérité de l'extermination, et la résolution obstinée, une fois le sort connu, de rester debout et de combattre jusqu'à la fin.
Il nous offre un témoignage poignant, un véritable tombeau à la mémoire des combattants du ghetto qui, comprenant peu à peu que l'issue serait fatale, se dressèrent contre la mort, pour la dignité humaine.
Bernard Goldstein appartenait à ce que l'on a appelé le Yiddishland révolutionnaire : à la fois juif et antisioniste, socialiste et antistalinien, son témoignage avait été occulté des mémoires. Cette réédition permet la redécouverte de l'une des voix les plus puissantes du XXe siècle. -
L'Italie de Bonaparte : politique, construction de l'Etat et Nation dans la Péninsula 1796-1821
Antonio de Francesco
- CHAMP VALLON
- La Chose Publique
- 24 Juin 2022
- 9791026710004
A rebours d'une tradition interprétative qui veut que l'indépendance politique de l'Italie se serait faite sans l'aide de la France, ce livre prend l'exact contre-pied en affirmant que la modernité politique a été apportée en Italie par le jeune général républicain ; que l'Italie a bénéficié des leçons de la Révolution française de 1789 à 1794 pour élaborer des projets républicains fédéraux ou unitaires, sans passer par la Terreur ; que la période impériale ne fut pas spoliation ou autoritarisme mais construction d'une classe administrative, au fondement lointain d'un Etat tourné vers un XIXème siècle moderne.
C'est la maturité démocratique et républicaine italienne que l'auteur dévoile entre 1796 et 1820, faisant de l'Italie un laboratoire central de la modernité politique.