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Littérature argumentative
-
Contrairement à celle du Louvre, la statue de l'Hermaphrodite de la Galleria Borghese à Rome est disposée « le long d'un mur, telle une commode, afin qu'il ne soit pas permis d'en faire le tour, ce que réclame pourtant son affolante physionomie ».
On lui dénie son mélange intégral de femme et d'homme, d'être les deux à la fois. Fasciné par cette figure chimérique, Éric Reinhardt va s'attacher à lui rendre sa nature profonde et sa sensualité en entremêlant le récit de sa nuit à la Galleria Borghese et le roman d'une histoire d'amour entre Gloria, chanteuse, réincarnation contemporaine d'Hermaphrodite, et Bruno, dentiste désenchanté exerçant au Puy-en-Velay. Comblant ensemble leur mélancolie et leur mal-être, Gloria et Bruno expérimentent la complexité de la notion de genre et la possibilité d'un amour hors normes. Les récits se répondent en échos jubilatoires et percutants qui donnent chair à l'Hermaphrodite, la rendant éminemment contemporaine et émouvante. Vivante. -
Toutes les époques sont dégueulasses
Laure Murat
- Éditions Verdier
- La Petite Jaune
- 8 Mai 2025
- 9782378562533
Depuis quelques années, un malaise s'est installé dans la culture contemporaine. Ici on récrit des textes classiques ou certains best-sellers pour les purger du racisme et du sexisme, ailleurs on en appelle à une surenchère de contextualisations.
Et si la question qui sous-tend ce vaste débat était mal posée ? S'il s'agissait, dans bien des cas, d'argent et non d'éthique ? Et si la censure n'était pas du côté qu'on croit ? Et si les précautions prises à tout contextualiser produisaient à terme un effet pervers ?
À l'aide de quelques exemples, Laure Murat tente de rebattre les cartes d'une polémique qui, à force d'amplifier, brouille les vrais enjeux de la création et de sa dimension politique. -
À partir d'une célèbre nouvelle de Francis Scott Fitzgerald et à travers les oeuvres des écrivaines Ingeborg Bachmann, Colette ou Marguerite Duras, de la poétesse Anna Akhmatova, du navigateur Bernard Moitessier ou du chanteur J. J. Cale, et bien d'autres, Charlotte Casiraghi mène une suite de réflexions littéraires, philosophiques et sensibles.
La Fêlure interroge cette ligne de fuite qui en nous menace et nous offre peut-être dans le même mouvement la chance la plus élevée, c'est-à-dire de saisir un peu de ce qui nous traverse lorsque nous vivons.
Ce livre n'est pas un traité, ni un récit, encore moins une confession. Il faudrait plutôt le voir comme une traversée, une série de variations sur un même thème, la ritournelle par laquelle se rejoue sans cesse une idée fixe : quelque chose de nous est cassé ; tant mieux. -
Toute mon adolescence, j'étais persuadée que les personnages d'À la recherche du temps perdu étaient des cousins que je n'avais pas encore rencontrés. À la maison, les répliques de Charlus, les vacheries de la duchesse de Guermantes se confondaient avec les bons mots entendus à table, sans solution de continuité entre fiction et réalité. Car le monde révolu où j'ai grandi était encore celui de Proust, qui avait connu mes arrière-grands-parents, dont les noms figurent dans son roman. J'ai fini, vers l'âge de vingt ans, par lire La Recherche. Et là, ma vie a changé. Proust savait mieux que moi ce que je traversais. Avant même ma rupture avec ma propre famille, il m'offrait une méditation sur l'exil intérieur vécu par celles et ceux qui s'écartent des normes sociales et sexuelles. Proust m'a constituée comme sujet. L. M.
Érudit, réjouissant, instructif. Télérama.
Dans un impeccable pas de deux entre autobiographie et hommage littéraire, l'essayiste remonte le fil de sa propre enfance tout en célébrant le chef-d'oeuvre proustien, indépassable école du regard et bréviaire d'émancipation. Bouleversant. Psychologies magazine.
Prix Médicis essai 2023. -
Comment ça va pas ? Conversations après le 7 octobre
Delphine Horvilleur
- Éditions Grasset
- Essais Grasset
- 21 Février 2024
- 9782246838463
Fracassée comme tant d'autres après le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, l'auteur voit son monde s'effondrer. Elle dont la mission consiste à porter la souffrance des autres sur ses épaules et à la soulager par ses mots, se trouve soudain en état de sidération, impuissante et aphasique.
Dans la fièvre, elle écrit alors ce petit traité de survie, comme une tranche d'auto-analyse qui la fait revenir sur ses fondements existentiels.
Le texte est composé de dix conversations réelles ou imaginaires : conversation avec ma douleur, conversation avec mes grands-parents, conversation avec la paranoïa juive, conversation avec Claude François, conversation avec les antiracistes, conversation avec Rose, conversation avec mes enfants, conversation avec ceux qui me font du bien, conversation avec Israël, conversation avec le Messie.
Ce livre entre en résonnance avec Vivre avec nos morts (puisqu'il s'agit ici, a contrario, de l'angoisse de mourir avec les vivants), avec Réflexions sur la question antisémite (puisque c'est le pendant personnel, intime et douloureux à l'essai plus intellectuel et réflexif) et à Il n'y a pas de Ajar (puisque la musique, le ton, la manière des dialogues oraux font écho à ceux du monologue théâtral).
Comme toujours avec l'auteur, le va et vient entre l'intime et l'universel, entre l'exégèse des textes sacrés et l'analyse de la société actuelle, entre la gravité du propos et l'humour comme politesse du désespoir, parvient à transformer le déchirement en réparation, l'inconfort en force, l'inquiétude en réassurance et le doute en savoir. -
«Limonov n'est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l'underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d'un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l'immense bordel de l'après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d'un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C'est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d'aventures. C'est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.» Emmanuel Carrère.
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Un été avec Alexandre Dumas
Jean-Christophe Rufin
- Éditions des Équateurs
- Un Été Avec
- 7 Mai 2025
- 9782382848388
« Dumas, c'est la vie » écrivait George Sand. Né en juillet 1802, il est l'écrivain d'un éternel été. Passer des vacances avec lui c'est rendre visite à un ami, à un conteur ébouriffant qui nous tient en haleine et nous amuse, à un homme d'épée et de coeur. Orphelin de père à 4 ans, Alexandre Dumas a connu deux empires, trois rois et autant de révolutions ; il a subi l'exil et la faillite ; vécu des histoires d'amour trop nombreuses pour être sincères mais trop éphémères pour n'être pas douloureuses. Ses lecteurs, innombrables, connaissent-ils sa part méconnue, eux qui n'ont retenu de lui que l'épopée des Mousquetaires et la vengeance d'Edmond Dantès ? Savent-ils que ses grands romans n'ont occupé que trois années de sa vie ? Ont-ils idée de la masse de ses autres livres, de son théâtre et surtout de ses impressions de voyage, qui sont la plus belle partie de son oeuvre ? Jean-Christophe Rufin considère comme son frère d'arme et de plume. « En vous accompagnant tout l'été avec Dumas, j'ai le sentiment de m'acquitter d'une dette. Il a toujours été pour moi plus qu'un modèle, un grand frère qui marchait devant et me guidait sur le chemin de l'écriture. Il nous a fait à tous tant de bien qu'il mérite assez que, le temps d'un été, nous fassions honneur à sa cuisine littéraire. »
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«Je me souviens du moins d'une grande fille magnifique qui avait dansé tout l'après-midi. Elle portait un collier de jasmin sur sa robe bleue collante, que la sueur mouillait depuis les reins jusqu'aux jambes. Elle riait en dansant et renversait la tête. Quand elle passait près des tables, elle laissait après elle une odeur mêlée de fleurs et de chair.»
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« Philip Roth est mort le 22 mai 2018. J'avais fait sa connaissance presque vingt ans plus tôt, en 1999 - vingt années qui de Jérusalem à New York et Paris, avaient vu le monde global exploser, la haine et le populisme tout submerger et ma propre vie basculer, mais durant lesquelles nous étions devenus amis. Il avait tenu dans ma vie comme dans celle de ses lecteurs le rôle de refuge mental et de boussole. Et maintenant qu'il était en train de mourir, le pays qui lui avait fourni la matière première de ses livres était détricoté par Donald Trump.
Le choc intime de sa mort a alors pris un autre sens : celui de la fin d'un monde au profit de la violence, de la montée de l'antisémitisme, du retour en force des idéologies.
Depuis l'Amérique telle qu'elle aurait pu être, ce livre révèle les Etats-Unis tels qu'ils sont. » M. W. -
Idéalisme moral et réalisme politique
Simone de Beauvoir
- Folio
- Folio Essais
- 5 Mars 2026
- 9782073138156
«L'homme cherche toujours son intérêt», «La nature humaine ne changera jamais», «Loin des yeux, loin du coeur», «On n'est jamais si bien servi que par soi-même», «Tout nouveau, tout beau», «On n'est pas sur terre pour s'amuser»... Ces lieux communs, ces partis pris, qui constituent la sagesse des nations, expriment une vision du monde incohérente, cynique et omniprésente, qu'il convient de mettre en question. C'est en son nom en effet qu'on reproche à l'existentialisme d'offrir à l'homme une image de lui-même et de sa condition propre à le désespérer. Au contraire, cette philosophie veut le convaincre de refuser les consolations du mensonge et de la résignation : elle fait confiance à l'homme.
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Notre besoin de consolation est impossible à rassasier
Stig Dagerman
- Actes Sud
- Mémoires, Journaux, Témoignage
- 10 Août 1993
- 9782868693341
Depuis la découverte, en 1981, de ce texte où Stig Dagerman, avant de sombrer dans le silence et de se donner la mort, fait une ultime démonstration des pouvoirs secrètement accordés à son écriture, le succès ne s'est jamais démenti. On peut donc, aujourd'hui, à l'occasion d'une nouvelle édition de ce " testament ", parler d'un véritable classique, un de ces écrits brefs dont le temps a cristallisé la transparence et l'inoubliable éclat.
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« Je suis venu en Géorgien et vous me traitez comme un touriste ! Le portrait de mon arrière-grand-mère n'a rien à faire là. Vous avez voulu m'en mettre plein la vue, mais c'est horrible. Mon envie de venir au Musée National était fondée. Elle ne reposait pas que sur le désir d'y voir ce portrait, mais aussi les toiles de Répine et d'autres Ambulants ainsi que celles de Kakabadzé, les costumes et les icônes, le musée de l'occupation au dernier étage et surtout le trésor de la Toison d'or. Bref, la culture géorgienne, son histoire, ses richesses, sa mythologie. Qu'est-ce que je vais écrire moi maintenant ? Il est hors de question que je dorme une minute dans ce musée, vous m'entendez ? Vous n'aurez pas mes rêves. Vous n'aurez pas mes rêves. »
Alors qu'il devait être accueilli au Musée National de Tbilissi, l'auteur est finalement attendu à la Galerie Nationale où le portrait de son arrière-grand-mère, la princesse Mélita Cholokachvili, dite Babou, a été déplacé et « posé là comme une tarte à la crème ». Contraint de renoncer aux promesses qu'il projetait dans cette nuit, ce n'est pas tant avec les oeuvres que Guillaume Gallienne va dialoguer, comme il l'espérait, mais avec sa part géorgienne. Celle léguée par Babou, muse magnifique de la vie littéraire en Géorgie au début du XXe siècle ou sa grand-mère adorée Caï, complice de ses jeunes années, qui lui donne « le goût de la lecture et des belles choses ». Les raconter, c'est aussi revisiter, entre souffrances d'enfance, imaginaire échappatoire et aspirations intenses, les racines de sa propre construction. -
Très déçu du péage de Saint-Arnoult : tel est l'un des 4000 commentaires reçus par cette barrière d'autoroute sur Internet. Oui, 4000... Ce foisonnement invite à réfléchir : pourquoi sommes-nous si nombreux à commenter la forme des dents d'une fourchette (trop carrées), une caverne néolithique (déçue par cette grotte) ou l'offre d'un restaurant (brochette de boeeuf très nerveuse) ? En quoi cette pratique modifie-t-elle notre rapport au monde et la place que nous tentons d'y occuper ? Sans rien dissimuler des aspects les plus sombres de ces gloses proliférantes, peut-on y voir aussi une démocratisation de l'écrit et une nouvelle étape de l'avancée vers l'égalité chère à Alexis de Tocqueville ( je l'adore, allez Alexis ! ! !) ? Indéniablement, dans ces masses d'avis, au style aussi bancal que ciselé, touchant toutes les dimensions de l'existence, il y a quelque chose d'inédit et de passionnant, que cette enquête novatrice s'attache à explorer. Elle met ainsi en lumière les enseignements, la poésie, parfois l'absurde de cet espace numérique caractéristique de notre modernité.
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"cher monsieur Germain,..." : lettres et extraits
Albert Camus
- Folio
- Folio 2 Euros
- 10 Mars 2022
- 9782072956546
19 novembre 1957Cher Monsieur Germain,J'ai laissé s'éteindre un peu le bruit qui m'a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler un peu de tout mon coeur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n'ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j'ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. (...)Je vous embrasse, de toutes mes forces.Albert CamusAlors qu'il vient de recevoir le prix Nobel de littérature, Albert Camus écrit à son ancien instituteur à Alger, celui sans qui «rien de tout cela ne serait arrivé», toute sa reconnaissance. L'ensemble de la correspondance entre les deux hommes et un extrait du Premier homme où apparaît le personnage de l'instituteur M. Bernard sont ici réunis. Une édition en forme d'hommage à ce lien magnifique de gratitude et de tendresse.
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La littérature ça paye !
Antoine Compagnon
- Éditions des Équateurs
- Littérature
- 4 Septembre 2024
- 9782382847510
Au moment de la rentrée littéraire où on s'interroge toujours sur le sort et le devenir de la littérature , Antoine Compagnon, avec son esprit iconoclaste, signe un essai d'humeur et intempestif : La littérature, ça paye .
Ça paye parfois les écrivains quand ils ont une postérité , comme Baudelaire qui, bien qu'ayant mené une vie de pauvreté, connaitra la fortune posthume.
Mais la littérature ça paye surtout pour les lecteurs car la littérature peut être à la fois un éloge de la beauté , du temps immobile , le fameux « otium », opposé à une vie trop active, le « negotium ». Proust l'a d'ailleurs démontré : les médecins, les militaires, quand ils sont lettrés, sont toujours meilleurs que les autres.
Enfin, la littérature ça paye parce que, à notre époque, les fake news ou le narratif prennent le dessus, même sur la guerre. Un récit juste est la meilleure des armes . Il n'y a pas de vie réussie sans son récit.
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Hitchcock s'est trompé : "Fenêtre sur cour", contre-enquête
Pierre Bayard
- Éditions de Minuit
- Minuit Double
- 2 Octobre 2025
- 9782707356895
Il est impossible de croire sérieusement, comme les deux héros du célèbre film d'Hitchcock Fenêtre sur cour, que leur voisin aurait tué sa femme, puis l'aurait découpée en morceaux devant les fenêtres ouvertes d'une trentaine d'appartements.
Mais leur délire d'interprétation n'a pas pour seule conséquence de conduire à accuser un innocent. Il détourne l'attention d'un autre meurtre - bien réel celui-là - qui est commis devant les spectateurs à leur insu et mérite l'ouverture d'une enquête.
« La démonstration séduit par son intelligence, la logique de son argumentation et une pointe d'humour fort plaisante. » Emmanuelle Giuliani, La Croix
« Un récit haletant, fougueux et d'une drôlerie intrinsèque, qui se dévore comme un bon polar. » Gérard Lefort, Les Inrockuptibles -
Que fait-on quand on regarde une peinture? À quoi pense-t-on? Qu'imagine-t-on? Comment dire, comment se dire à soi-même ce que l'on voit ou devine? Et comment l'historien d'art peut-il interpréter sérieusement ce qu'il voit un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?En six courtes fictions narratives qui se présentent comme autant d'enquêtes sur des évidences du visible, de Velazquez à Titien, de Bruegel à Tintoret, Daniel Arasse propose des aventures du regard. Un seul point commun entre les tableaux envisagés:la peinture y révèle sa puissance en nous éblouissant, en démontrant que nous ne voyons rien de ce qu'elle nous montre. On n'y voit rien! Mais ce rien, ce n'est pas rien.Écrit par un des historiens d'art les plus brillants d'aujourd'hui, ce livre adopte un ton vif, libre et drôle pour aborder le savoir sans fin que la peinture nous délivre à travers les siècles.
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On gravit un chemin de terre. Là-haut, dans les montagnes du Péloponnèse, le temple d'Apollon Épikourios à Bassaé se dresse mais, aussi, tombe en éboulis. Occasion d'une rêverie philosophique au milieu des colonnes qui se lézardent, des soubassements qui s'effondrent et des pierres éparses dans le champ en contrebas. Puis vient éclore la réminiscence de « L'origine de l'oeuvre d'art », ce texte esthétique majeur de Martin Heidegger. Et la nécessité de sa relecture critique.
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Postface inédite de l'auteur
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Le Roman des artistes Tome 1 : Romantismes
Dan Franck
- Éditions Grasset
- Littérature Française
- 2 Octobre 2024
- 9782246838807
Voici le premier volume d'une tétralogie, Le roman des Artistes, qui racontera, de 1820 à 1885, la vie de tous les grands créateurs aux prises avec le temps des Révolutions (1830, 1848, La Commune...). On retrouve ici tout le talent addictif dont l'auteur a déjà fait preuve dans sa fameuse trilogie Le temps des Bohèmes (Bohèmes, Libertad et Minuit).
Le cadre historique de ce premier volume va des Cent jours du « Vol de l'aigle » (le retour de Napoléon en 1815) à la veille de la Révolution de 1848 en passant par les Trois glorieuses.
« Je m'en vais, Monsieur, et vous venez » dit Chateaubriand à Hugo, marquant la bascule vers le romantisme triomphant au terme de batailles homériques qui scandent cette vaste fresque dont les querelles esthétiques redoublent les révolutions politiques.
Dumas, Hugo, Balzac, Marie d'Agoult, Lamartine, Musset, Sainte-Beuve, Vigny, Mérimée, Nerval, George Sand, Théophile Gautier, Chateaubriand, Marceline Desbordes, Baudelaire, Delphine Gay pour la plume ; Beethoven, Berlioz, Liszt, Chopin, Marie Pleyel pour la musique ; Gericault, Delacroix, Ingres pour le pinceau ; Mlle Mars, Marie Dorval, Juliette Drouet pour la scène : autant de personnages de chair et de sang dont nous partageons les combats, les engagements, les amitiés, les amours passionnées, les coucheries d'un soir (« J'ai eu Mérimée cette nuit, ce n'était pas grand-chose » dit George Sand...), les querelles, les brouilles et les réconciliations, le génie et les bassesses.
Et voici que tous ces artistes qui sont devenus pour nous des « classiques » quittent la poussière des étagères et des bancs d'école pour s'ébrouer au grand vent de l'Histoire, dans un tourbillon palpitant où ils inventent à la fois la presse moderne, la littérature moderne et les lieux de la sociabilité littéraire (salons, etc). -
« Je me revois dans les rues de Châteauroux, à quatre ans, cinq ans, six ans, sept ans... En train d'aller à l'école. Je passais par une petite ruelle pavée, qui longeait le musée. Je me revois avancer entre les murs, en chantonnant les dernières chansons de Sheila, et en contemplant à mes pieds du haut de ma taille les chaussures vernies noires que ma mère venait de m'acheter. Je ne savais rien de ce qu'allait être ma vie. L'avenir ne m'inquiétait absolument pas. Au contraire. »
La « Nuit au musée » de Christine Angot à la Bourse de Commerce. Ou : L'art, dans une vie. -
De grandes dents : Enquête sur un petit malentendu
Lucile Novat
- Éditions Zones
- 29 Août 2024
- 9782355222337
Et si l'on avait fait fausse route dans l'interprétation du Petit Chaperon rouge ? De cette histoire familière, on a surtout retenu une mise en garde contre des prédateurs inconnus, intégré l'idée que le danger rôdait dehors. Et pourtant...
Il était une fois, sous une flamboyante capuche rouge, un petit malentendu. Perrault et les frères Grimm s'étaient donné de la peine, ils avaient semé les indices comme d'autres sèment les cailloux, mais en vain. Quelque chose en nous résistait, à nos corps défendants. Affabulation collective, le déni mit tout à l'envers : on verrouilla, d'un même geste, et le contresens et la porte de nos maisons. Rembobinons. Qu'est-ce que c'est que cette grand-mère " folle " de sa petite-fille ? Pourquoi l'enfant donne-t-elle si prestement son adresse au loup ? Aurait-elle d'excellentes raisons de traîner des pieds en chemin ? Est-il bien vrai que la forêt est un danger et la maison un lieu sûr ? Et, surtout, qui se cache sous la couverture ? Un loup grimé en mère-grand, vraiment ?
L'enquête est rouverte. À travers un réseau de récits fictionnels et familiaux, où surgissent, au détour d'un sentier, Sigmund Freud, Virginia Woolf ou encore David Lynch, Lucile Novat dissèque la fable, débusque le tabou, et fait retentir un tout autre avertissement.
Suivi de Barbe-Bleue, un conte dont vous étes le Perrault. -
« Oui, avoue le chevalier, je suis peut-être fou, mais à tout prendre je le suis moins que la société où nous vivons ».
Si chacun se retrouve dans Don Quichotte, c'est qu'il s'agit de l'oeuvre qui, par excellence, nous permet de faire face à un monde privé de sens. L'ingénieux hidalgo est le symbole de l'homme moderne confronté à un univers dont toutes les structures signifiantes se délitent. Sa réponse : croire sans relâche et faire comme si. Voilà ce que conseille le roman de Cervantès : substituer au monde réel un imaginaire où l'on puisse conserver espoir.
Don Quichotte n'est pas un simple personnage, il est aussi auteur, celui de son destin . De toute l'histoire de la littérature, il est le premier personnage à décider de vivre sa vie comme dans les livres. Ce « premier beatnik, la moto en moins » franchit la barrière séparant la fiction de la réalité, faisant de ce roman absolument moderne celui du dévoilement de toutes les apparences et de la transgression de toutes les limites.
Aujourd'hui encore, on apprend des efforts comme des revers de ce personnage. Ses épreuves renvoient à quantité d'expériences contemporaines : les mondes virtuels, le complotisme, la nécessité des utopies ou l'importance de l'engagement. La nature comique de ce chef-d'oeuvre de la littérature universelle, comme un pied de nez lancé depuis plus de quatre siècles à la face du monde, nous oblige à rire de l'existence plutôt que d'en pleurer.
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La «Révolution nationale» en 100 jours, et comment l'éviter
Pierre-Yves Bocquet
- Gallimard
- Tracts
- 23 Janvier 2025
- 9782073113306
«Une telle menace, inédite depuis la guerre d'Algérie, appelle un sursautcollectif. C'est la raison pour laquelle, en écrivant ce texte, je ne m'adresse pas à un camp, mais à toutes celles et tous ceux, de droite comme de gauche, qui ne peuvent qu'être préoccupés par cette perspective, et qui restent attachés aux fondements séculaires de notre démocratie.» Pierre-Yves Bocquet C'est la principale mesure du programme du Rassemblement National : le «référendum sur l'immigration», qu'il promet d'organiser immédiatement après sa victoire à l'élection présidentielle. Ce projet a une apparence : une consultation des Français pour imposer la «priorité nationale». Il a une réalité : un projet de loi de dix-huit pages visant à défigurer notre Constitution, et que le RN entend imposer en réalisant un véritable putsch juridique. Moins de cent jours lui suffiraient ainsi pour transformer la France en démocratie illibérale, xénophobe et autoritaire. Cet enchaînement n'a rien d'inéluctable. Il est encore possible de s'y opposer : d'abord en en parlant, ensuite en agissant. Ce Tract explique comment.