Sciences humaines & sociales

  • Sapiens ; une brève histoire de l'humanité

    Yuval Noah Harari

    • Albin michel
    • 2 Septembre 2015

    L'homo Sapiens sera la vedette de la rentrée littéraire puisqu'il s'est imposé par sa capacité à fictionner, donc à créer des récits mythologiques, des dieux, des lois, du réseau.

    Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d'hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.
    Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ?
    Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l'homme ? À dépendre de l'argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ?

    Véritable phénomène d'édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur.
    Professeur d'Histoire à l'Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l'Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l'humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage. et notre futur.

    « Sapiens s'est rapidement imposé partout dans le monde, parce qu'il aborde les plus grandes questions de l'histoire moderne dans une langue limpide et précise.» Jared Diamond, prix Pulitzer, auteur d'Effondrement.

  • Le ventre des femmes ; capitalisme, racialisation, féminisme

    Françoise Vergès

    • Albin michel
    • 10 Février 2021

    Dans les années 1960-1970, l'État français encourage l'avortement et la contraception dans les départements d'outre-mer alors même qu'il les interdit et les criminalise en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ?
    Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l'État français prône en effet le contrôle des naissances et l'organisation de l'émigration. Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d'avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes d'outre-mer, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau.
    En s'appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l'auteure entend faire la lumière sur l'histoire mutilée de ces femmes d'outre-mer, héritage douloureux d'un système esclavagiste, capitaliste et colonialiste encore largement ignoré aujourd'hui.

  • Un éternel soleil

    Bruno Le Maire

    • Albin michel
    • 10 Novembre 2021

    « L'automne, déjà ! - Mais pourquoi regretter un éternel soleil, si nous sommes engagés à la découverte de la clarté divine, - loin des gens qui meurent sur les saisons », ainsi écrivait un Rimbaud amoureux de son pays.

    Député de l'Eure depuis 2007, ancien ministre de l'Agriculture, ministre de l'Économie et des Finances depuis près de cinq ans, Bruno Le Maire a, on le sait désormais, deux vocations : la politique et la littérature.

    Dans ce livre au ton très personnel, l'auteur met sa curiosité et sa connaissance des rouages de l'État au service de sa compréhension de la France et de son destin.

    Ce récit très concret, nourri de rencontres, d'exemples, d'anecdotes et de comparaisons historiques, offre un regard d'une lucidité totale sur la situation de notre pays. Il propose des actions claires pour les années à venir et plaide pour une refonte totale de notre gouvernance politique. Il livre également une réflexion originale sur les défis du changement climatique et sur la montée en puissance des géants du numérique.

    Porté par une plume qui n'a jamais été aussi libre, ce livre navigue des bureaux de Bruxelles aux communes de sa circonscription, des réunions du G7 aux rencontres avec des Français confrontés aux difficultés de la vie quotidienne. D'Annie, qu'il aide à sortir du surendettement, à Olaf, son homologue allemand qui a sa confiance, l'auteur se livre comme il ne l'a jamais fait.

    Bruno Le Maire nous dévoile dans cet essai ambitieux le vrai pouvoir et une certaine idée de la France.

  • Mon islam, ma liberté

    Kahina Bahloul

    • Albin michel
    • 31 Mars 2021

    Kahina Bahloul est la première femme imame en France. Née d'un père kabyle issu d'une famille de marabouts et d'une mère française d'origines juive et catholique, elle a grandi en Algérie où elle a vécu au plus près la montée de l'intégrisme. Spécialiste de la mystique musulmane et plus particulièrement de l'oeuvre d'Ibn 'Arabi, le grand mystique andalou, elle décide de s'engager plus activement à la suite des attentats de 2015.
    Revendiquant, sur la base de sources classiques, la légitimité pour une femme d'être imame, de diriger les prières et d'enseigner, elle fonde en 2019 la mosquée Fatima, d'inspiration soufie, ouverte aux femmes voilées ou non, mais aussi aux non-musulmans. À l'image de la reine berbère résistante dont elle a hérité le prénom et le caractère, Kahina Bahloul est aujourd'hui présente sur tous les fronts pour évoquer la possibilité d'un islam moderne et libéral.
    Pour la première fois, cette femme de dialogue et de paix nous fait partager sa pensée. C'est l'occasion pour elle d'explorer la diversité et la spiritualité inscrite dans ses origines, de témoigner de son parcours et d'expliquer sa vision d'un islam enfin affranchi des peurs et des scléroses.

  • PAR L'AUTEUR DU BEST-SELLER Y A-T-IL UNE ERREUR QU'ILS N'ONT PAS COMMISE?Sanctionné par le pouvoir, déchargé en 24 heures de son poste de chef de service, harcelé par ses critiques, Christian Perronne persiste et signe.Mais dans ce nouveau livre accablant l'auteur va plus loin.Pourquoi ne peut-on plus débattre librement en France, notamment de tout ce qui touche à la santé publique ?Comment expliquer la survie prolongée des incompétents qui font de la lutte contre la Covid-19 un spectacle tantôt pathétique, tantôt comique ?Pourquoi le ministre de la Santé, Olivier Véran change-t-il si souvent d'avis ? Jusqu'où va l'influence de Big Pharma sur son ministère ?Au fait, d'où vient réellement cette épidémie ?La chloroquine est-elle vraiment dangereuse ? Qu'en pensent les experts en France mais aussi à l'étranger ?Ce témoignage nécessaire, courageux, est servi par une écriture féroce, et nourri de faits précis. Il interpelle chacun d'entre nous.Le Professeur Christian Perronne a été chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de Garches. Pendant quinze ans il a été l'un des principaux conseillers en matière de santé publique de plusieurs gouvernements. Bien que faisant l'objet de plusieurs procédures administratives et judiciaires, il est toujours médecin et reste l'un des spécialistes reconnu des virus.

  • Le jour d'après

    Philippe de Villiers

    • Albin michel
    • 7 Avril 2021

    « Ce que nous avons vécu a déjà été joué. À New-York. Lors d'une réunion ou plutôt d'un exercice de simulation d'une pandémie de coronavirus, le 18 octobre 2019 ; tout a été filmé et se trouve sur internet. Cela s'est passé plusieurs mois avant la survenance du virus. En réalité, les participants - les géants du capitalisme de surveillance- anticipaient ainsi la catastrophe à venir. Ils avaient voulu un monde d'un seul tenant, sans cloisons. Ils savaient que ce monde-là serait hautement pathogène. Ils le savaient et ils s'y préparaient. Ils attendaient la pandémie et ils la voyaient venir. Quand elle survint, ils la saluèrent comme « une fenêtre d'opportunité ». Pour les rentiers du numérique et de la Big Tech, ce fut une aubaine. Mais aussi pour les gouvernements qui mirent au ban d'essai l'idée d'une « société disciplinaire ». Ainsi les élites globalisées ont-elles préparé le jour d'après. Occasion rêvée pour tout changer, changer la société, changer de société. Et imposer enfin leurs codes de désocialisation, leur esthétisme woke, leur idéologie du Bien total. ».
    Ayant entre les mains des éléments d'information fiables, recoupés, glaçants, Philippe de Villiers a décidé de prendre la plume pour alerter les Français, en espérant contribuer ainsi à l'insurrection des consciences.

  • « Non, la méditation sur la France, son génie ou son esprit, n'est ni anachronique ni caduque. C'est même strictement l'inverse : non seulement l'immersion dans le village global ne frappe pas d'obsolescence notre interrogation sur ce génie propre mais elle la rend plus cruciale que jamais, si toutefois nous voulons éviter de nous perdre totalement dans la mondialisation, de subir celle-ci comme une dilution pure et simple de nous-mêmes et comme une aliénation par tout ce qui nous entraîne au-delà de notre identité historique...
    Mais à quoi tient-il, ce génie de la France ? Pour une part essentielle à la laïcité. Une laïcité qui est peut-être la condition politique de la vie spirituelle la plus haute. Car en séparant l'État des religions, elle « fait le vide », ce vide qui est au coeur de toute destruction mystique et métaphysique des idoles... Comment expliquer cependant que nous n'ayons pas compris plus tôt cette valeur inséparablement spirituelle et politique de la laïcité ? Nous Français n'avons en réalité même pas commencé de sonder l'abîme de notre vide laïque. Et, au-delà de nous-mêmes, n'est-ce pas la modernité politique tout entière qui a souffert d'un terrible aveuglement vis-à-vis du potentiel spirituel de la laïcité et de la démocratie ? ».

    Penser la laïcité spirituellement : c'est à cette réflexion profonde, ouverte et érudite que nous convie ici Abdennour Bidar, grande figure du dialogue interspirituel, auteur notamment de Plaidoyer pour la fraternité.

  • Ce livre présente les processus de racialisation qui ont ponctué la transformation de l'Europe et de ses colonies de la fin du Moyen Âge à l'âge des révolutions. Cette histoire éclaire l'évolution des sociétés, des institutions, des cultures et des théories. Elle décrit la volonté de catégoriser les individus et les groupes, de les enclore dans des identités présentées comme intangibles, de discriminer les collectifs dominés, voire d'organiser l'oppression à grand échelle contre des populations définies par leur race.
    La racialisation procède par naturalisation des rapports sociaux et des caractères physiques et moraux qui se transmettent de génération en génération, à travers la procréation. Elle repose sur une contradiction : le racisme affirme que les gens sont prisonniers de leur race et s'emploie néanmoins à gérer la transformation des races.
    Quatre coups de projecteur permettent de rendre compte de cette histoire : la noblesse de naissance face à l'anoblissement, la nature juive ou musulmane qui persiste dans le sang des convertis, l'origine ineffaçable des métis dans l'Amérique coloniale, la déshumanisation des Africains par la traite esclavagiste.
    Ces phénomènes sont les expériences séculaires sur lesquelles les auteurs des Lumières se sont fondés pour classer l'humanité en races. Ils hiérarchisent les groupes humains mais proclament aussi l'universalité des droits de l'homme. Le siècle des philosophes peut alors se lire comme le fruit d'une histoire passée, autant que comme le fondement d'une histoire inachevée, la nôtre.

  • Les écolos nous mentent !

    Jean de Kervasdoué

    • Albin michel
    • 20 Janvier 2021

    - la France va manquer d'eau !
    - les OGM sont dangereux !
    - le diesel pollue plus que l'essence !
    - la pollution atmosphérique provoque 48 000 décès par an !
    - La viande rouge est cancérigène !
    - ...
    Comment faire la part des choses entre des enjeux écologiques majeurs et des prophéties aussi catastrophistes que trop souvent infondées ?
    S'appuyant sur des exemples concrets, Jean de Kervasdoué montre à quel point la doxa verte voit tout en noir, de façon quasi dépressive, ce qui a pour conséquence de culpabiliser la société mais aussi de restreindre chaque jour un peu plus nos libertés.
    Pour convaincre, les écologistes, du moins les plus radicaux, en arrivant à déformer les faits. Ils inventent des graphiques annonçant la fin du monde au lieu de dénoncer les dangers immédiats - la surpêche, le traitement des déchets urbains, etc. En vérité, ces nouveaux gourous survoltés profitent de leur position médiatique pour imposer leurs croyances.
    Un essai provocateur, à contre-courant du prêt-à-penser de notre époque, qui nous aide à distinguer les vraies urgences.

  • Dominicain défroqué, proclamant haut et fort la liberté de pensée en matière de science comme de religion, provocateur invétéré, Giordano Bruno (1548-1600) est sans doute la figure la plus fascinante de la Renaissance italienne. Il se fit le défenseur de Copernic et prolongea sa thèse, en soutenant l'idée qu'un Dieu infiniment puissant ne saurait créer qu'un univers infini, lequel, dès lors, ne saurait avoir de centre... Celui qui écrivait « Si Dieu te touche, tu seras un feu ardent » finit tragiquement sur le bûcher de l'Inquisition pour avoir nié la Trinité, l'Incarnation, la virginité de Marie et même la damnation éternelle. Son oeuvre, toujours peu connue du public français, englobe toutes les disciplines de son temps, des mathématiques à l'alchimie et à la métaphysique.
    Jacques Arnould, à qui l'on doit de nombreux ouvrages sur les relations entre science et religion, est comme Giordano Bruno à la fois astrophysicien et ancien moine dominicain. Il nous livre ici une superbe biographie de cette figure si moderne et nous introduit à la richesse de sa pensée.

  • Un effroyable assassinat, une infâme conjuration, une intrigante lettre codée... Après cinq cents ans, l'un des plus grands mystères de la Renaissance est enfin résolu. Le 26 avril 1478, Laurent de Médicis et son frère Julien, maîtres de Florence, sont attaqués alors qu'ils assistent à la messe dans la cathédrale. Tandis que Julien est poignardé à mort, Laurent parvient à s'échapper par la sacristie. Cet épisode, appelé « conspiration des Pazzi », du nom des rivaux florentins des Médicis, a fait couler beaucoup d'encre. Mais qui a armé le bras des Pazzi ? Qui est responsable de cette attaque ?
    La vérité, jusqu'alors dissimulée dans une lettre codée adressée au pape Sixte IV par Federico da Montefeltro, le duc d'Urbino, et méthodiquement déchiffrée par l'auteur, peut enfin éclater : un accord passé entre le pape et le duc pour assassiner les Médicis et occuper Florence nous révèle l'ampleur d'un complot qui a changé à jamais l'histoire de l'Italie.
    En digne descendant de Cicco Simonetta, le cryptographe qui a codé la lettre, Marcello Simonetta fait la lumière sur l'un des événements les plus controversés de la « secrète Renaissance », où les fresques de la Chapelle Sixtine servent de toile de fond à la vengeance impitoyable des Médicis.Spécialiste de la Renaissance et de Machiavel, Marcello Simonetta est l'auteur, notamment, d'une trilogie sur les Médicis dont L'Énigme Montefeltro est le premier volet.

  • Torcello, aujourd'hui, est un îlot quasi déserté au nord de la lagune de Venise, une cathédrale, un baptistère, une église et un décor de mosaïques célèbres. Torcello, hier, fut une communauté humaine nombreuse, un paysage de campaniles et de petites maisons, un horizon de vignes, de jardins, de bois...
    Élisabeth Crouzet-Pavan part à la recherche de ce monde perdu, oublié et abandonné dans les derniers siècles du Moyen Âge, à l'époque même où Venise imposait son image providentielle de beauté, de puissance et de richesse. Ce livre est donc l'histoire d'une mort lente, à laquelle se seraient résignés ceux qui la subirent au rythme du flux et du reflux des marées, en se laissant glisser sans drame vers l'irrémédiable.
    Cette sortie de l'histoire est aussi assumée par Venise, comme si la disparition de Torcello pouvait permettre à la Sérénissime de conjurer la conscience de sa fragilité, ses fantasmes de déclin, ses angoisses d'engloutissement. Torcello meurt, et Venise demeure seule au milieu des eaux de la lagune, dominante et triomphante.
    En exhumant l'obscur destin de Torcello, cet ouvrage met en lumière une dimension capitale, et méconnue, de la création vénitienne.

  • Quel fut le destin de la lignée de Laurent de Médicis ? De ces trois fils, Pierre était dit le Fou, Julien le Bon, qui fut peut-être l'amant de Mona Lisa, et Jean le Sage ou le Renard, qui devint le pape Léon X et dont la réputation de sagesse et de générosité dissimulait en réalité une soif de pouvoir et une férocité sans bornes. Exhumant, après des années de recherche, d'obscures archives, Marcello Simonetta nous fait pénétrer dans les coulisses de la célèbre dynastie florentine, depuis la mort de Laurent le Magnifique en 1492 jusqu'au sac de Rome par Charles Quint en 1527, depuis l'apogée de cette génération de grands mécènes et d'habiles politiciens jusqu'à sa faillite finale. À travers une galerie de portraits pittoresques de ducs et de cardinaux, de banquiers et d'aventuriers, de politiciens et de philosophes, de courtisans et de bouffons, Marcello Simonetta dresse le tableau d'une Italie renaissante qui, sous le vernis étincelant des arts, du faste et de la religion, est le théâtre d'une vie politique orageuse et corrompue, où s'affrontent les personnages les plus rusés et les plus léonins. Sous le regard critique de Machiavel, les protagonistes de cette fresque aux allures de roman policier sur les mystères de la Renaissance nous révèlent que, si les Borgia ont été de fiers serviteurs du mal, les Médicis, eux, furent d'hypocrites apôtres du bien.

  • « Dans son îlot vert, Bolek sauve sa vie et celle des autres. » Télérama. La vie de Bolek est un roman dont il est le héros. Après mille métiers (mineur, ouvrier, fort des Halles) et quarante ans de galères, Bolek arrive dans le Xe arrondissement en 1983 pour vendre des journaux. C'est l'âge d'or de la presse : il trouve enfin sa place et c'est la belle vie. Mais en 1994, les modalités de paiement changent et les NMPP cessent de l'approvisionner. Il devient alors représentatif de la crise vécue par bon nombre de kiosquiers. A 55 ans, sa vie bascule, il se marginalise peu à peu. Refusant de quitter son kiosque, il s'improvise « libraire de rue ». Avec ses livres d'occasion, sans aucune aide sociale, il survit pendant douze ans dans la plus grande précarité, bravant le froid, le mépris, la peur et la violence omniprésente de la rue. L'année dernière, la Mairie de Paris le somme de rendre les clefs de l'édicule. C'était sans compter sur la mobilisation des habitants du quartier. Une formidable chaîne citoyenne de solidarité se soude autour de lui : personne ne veut laisser partir celui qui a su tisser le lien social par le biais des livres qu'il échange contre un peu d'humanité. Les médias s'emparent de son cas : il passe au journal télévisé de France 3. Cet homme révolté, qui crie, charme et éructe, incarne à sa manière toutes les mutations de la ville qui s'asphyxie sous les coups de la modernité et de l'efficacité. Le Conseil de Paris finit par voter une convention l'autorisant à rester dans son kiosque. Sorte de reconnaissance sociale pour cet homme dont le combat redonne un sens à la trop galvaudée « démocratie participative ». Aujourd'hui, Bolek est logé, il a organisé une exposition de peinture qui a réuni plus de deux cents personnes. A soixante-huit ans, il s'autorise enfin un futur.

  • La jeunesse d'Alexandre t.1

    Roger Peyrefitte

    • Albin michel
    • 1 Décembre 1977

    « Alexandre bouillait de colère. Ses yeux, dont le droit était d´un noir très foncé et le gauche bleu-vert, lançaient des flammes. Ses longues boucles blondes, séparées par une raie médiane, frémissaient sur sa tunique de pourpre. Près de lui, vêtu d´une tunique verte, les cheveux noirs aussi bouclés et les yeux bleus, Ephestion, son inséparable, partageait son courroux. Ils étaient nés le même jour de la même année, il y avait quinze ans. Leur beauté était différente, comme leur taille : Alexandre était plus viril et Ephestion plus grand. Arrivés la veille à Olympie, ils étaient ce matin, au lever du jour, dans l´hôtel de ville, en face du comité olympique.
    Derrière les dix juges, ils apercevaient l´ennemi de la Macédoine, qui prétendait faire exclure des jeux l´attelage du roi Philippe venu concourir pour les grands jeux : l´Athénien Démosthène, le fils du fabricant de couteaux de Péanie, village de l´Attique. »

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