Michel De Maule

  • La Recherche du temps perdu est constellée de références à la peinture et l'empreinte italienne est, de ce point de vue, capitale.
    Chez Proust, c'est l'imaginaire qui va créer le réel. L'originalité de cet ouvrage est de montrer combien la peinture italienne a fourni à Proust couleurs, matières et décors à sa fresque et, surtout, à quel point l'oeuvre proustienne a été marquée par les lignes invisibles de l'art de Giotto, de Mantegna et de bien d'autres maîtres italiens. Ce sont des tableaux que Proust n'a pas toujours pu approcher directement.
    Le musée italien de la Recherche est un mélange hétérogène de peintures contemplées au Louvre, de reproductions en noir et blanc, d'images volées, de voyages inaccomplis (Florence et Rome), de villes rêvées et enfin découvertes (Venise et Padoue). Ce que Proust recherche chez les peintres, ce n'est pas une simple référence esthétique mais bien une nouvelle perspective, une vision du monde unique et en même temps universelle, éternisée dans le geste de l'écriture.
    Dans le jeu perpétuel entre beauté et vérité, chaque peintre apporte sa propre originalité: le luxe et les fastes d'une soirée mondaine chez les Guermantes puisent dans les opulences vénitiennes des toiles de Carpaccio et de Véronèse, l'attitude sensuelle et languissante d'Odette de Crécy se profile dans les frêles femmes de Botticelli tout comme le réalisme de Giotto bâtit la figure de la fidèle Françoise.

  • Aventurier et marchand, homme d'affaires, financier, industriel, diplomate et ministre, homme politique et protecteur des arts, libéral et fasciste, Giuseppe Volpi est le Vénitien absolu. De la fin du XIXe siècle à la chute du fascisme, celui qu'on a surnommé "le dernier Doge " a fait revivre Venise en même temps qu'il bâtissait l'une des plus grandes fortunes d'Italie.

    Cela semble aujourd'hui incroyable, mais sous le fascisme, la Venise de Volpi a connu son époque la plus flamboyante depuis la chute de la Sérénissime. On y danse, on s'y amuse, on y boit, on s'y livre à des plaisirs interdits. La ville devient un port franc culturel sous le régime mussolinien, une ville où se précipite toute la "bella gente" internationale, la jet-set du monde entier.
    Volpi veut rendre sa grandeur à Venise. Il invente la Mostra du cinéma et crée de nombreux autres festivals en même temps qu'il lance la grande aventure du port industriel de Marghera. Le mariage de la tradition, des arts et de la modernité.

    Trop flamboyant, trop fasciste - ou pas assez pour d'autres - on l'oubliera après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il était devenu gênant pour ceux qui l'avaient courtisé, pour des Vénitiens qui avaient beaucoup à se faire pardonner. Ce livre raconte son aventure extraordinaire et fait revivre les derniers fastes de la plus belle ville du monde.

  • Paris, 1927 : les Années folles. Antoinette a 14 ans. Elle n'est plus une gamine, mais elle n'est pas encore une femme. Elle n'a pas encore rencontré l'amour : elle en rêve. Elle ne connaît rien au monde mais a une opinion sur tout. Dans son journal, elle note tout ce qui bouge autour d'elle, tout ce qu'elle ne dit jamais à personne, tout ce que les adultes ne voient pas, ne voient plus. Quand sa mère lui annonce qu'elle veut donner un bal, sa vie semble enfin pouvoir commencer : le monde l'attend et elle se prépare à le conquérir.
    Mais les choses n'iront pas comme prévu et l'initiation à l'âge adulte se fera par un acte de vengeance terrible, émouvant et désespéré, comme seuls les adolescents peuvent l'être.

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